Tennis: un nouveau récital de Roger Federer
Roger Federer a remporté un quatrième Masters au terme de l'un des plus beaux récitals de sa carrière. En finale à Shanghaï, le Bâlois s'est imposé 6-2 6-3 6-2 devant David Ferrer après 1h 39' de match. Comme la veille face à Rafael Nadal, Roger Federer a approché la perfection. L'Espagnol dira de lui <<Lorsqu'il joue comme ça, il est impossible à arreter.>>
Roger Federer aurait-il fait de l'avis de Jimmy Connors son credo? «Propriétaire» pendant 268 semaines de la place de numéro un mondial, «le mauvais garçon de Belleville», Etats-Unis d'Amérique, n'avait, en son temps et pour justifier sa mainmise sur le jeu, pas résisté au plaisir de déclarer que «de là-haut, que voulez-vous, la vue est si belle...».
Roger Federer, lui ne contemple le paysage «que» depuis le 2 février 2004. Et s'il est d'ores et déjà assuré de terminer l'année 2007 en tête du classement mondial, le joueur bâlois n'avait pas non plus manqué de sentir s'élever comme un vent de révolte. Une sorte non pas de vraie tempête, de celles capable de (re)mettre le monde à plat, mais un souffle tout de même, puissant et... chaud, et dont l'épicentre avait été détecté du côté des Baléares, lieu de naissance et de résidence d'un certain Rafael Nadal.
A l'appel de ce qui devait être l'ultime rendez-vous de l'année, ce Masters de Shanghai où étaient comme à l'accoutumée conviés les huit meilleurs joueurs du monde, Roger Federer avait fait ses calculs: 995 points d'avance sur son principal rival, c'était à la fois beaucoup... mais insuffisant pour, comme on dit, passer l'hiver au chaud. Or, et il l'a confirmé hier (voir ci-contre), Roger Federer «aime partir en vacances l'esprit tranquille». C'est d'ailleurs bien la moindre des choses pour un garçon dont les congés (non payés) sont si rares qu'on se demande bien s'il lui arrive parfois de véritablement décrocher de sa vie de nomade. Ou d'enfant de la balle, ce qui revient au même.
Gros enjeux
Hier donc, ce même Roger Federer et le dit Rafael Nadal avaient à en découdre devant les quelque quinze mille spectateurs du Qi Zhong Stadium. En jeu, bien sûr, une place en finale de cette Masters Cup millésime 2007, mais aussi deux cent de ces fameux points ATP à leurs yeux de nantis autrement plus importants que les quelque trois cents milles dollars mis ce samedi sur le tapis du court central.
Jusque-là, les deux joueurs avaient fait, à distance, jeu égal: deux victoires et une défaite - soit 200 points - chacun, les comptes n'étaient peut-être pas parfaits, mais équilibrés. Restait à savoir lequel des deux allait s'emparer de la mise... Cinquante-neuf minutes après leur entrée sur le court, le verdict était tombé. Sec et sans appel. Cruel même, pour un Nadal ressorti de l'arène plus pâle que la serviette qu'il avait alors jetée sur son épaule, plus défait qu'après la pire des... défaites.
6-4 6-1 en moins d'une heure de jeu, 54 points engrangés sur les 87 disputés, 11 aces - dont 4 de suite alors qu'il était mené 0-30 dans le 5e jeu de la première manche - et 82% de réussite en premières balles, Roger Federer avait atteint ce qui dans le jeu de tennis peut s'apparenter à de la perfection. Surtout, il avait dit, haut et fort, et prouvé, joignant le geste à la parole, que le «patron», c'était toujours lui.
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